Zoom avant

Dans son blog Zoom avant, Olivier De Bruyn observe principalement l'actualité du cinéma sous tous ses aspects : esthétique, économie, politique... Il aime aimer et, à l'occasion, ne pas aimer et le dire. Il ne s'interdit pas de fureter dans d'autres territoires quand l'envie lui en prend : télévision, musique, sport... 

« Rien à déclarer » ou la tentation régionale du ciné français

Olivier De Bruyn
Journaliste
Publié le 31/01/2011 à 12h01

Nul ne peut l’ignorer : « Rien à déclarer », le nouveau Dany Boon sort sur les écrans nationaux le 2 février. Sur tous les écrans ? Non, car le successeur de « Bienvenue chez les Ch’tis » squatte depuis mercredi les multiplexes du nord de la France et de la Belgique.

La sortie régionale anticipée est en passe de devenir une habitude dans l’industrie française des images. Comme la métaphore d’un cinéma où le « bon sens » de province fait figure de valeur et de cliché suprêmes.

Pourquoi modifier les ingrédients d’une recette commerciale gagnante ? Avant de rencontrer le triomphe que l’on sait partout dans l’hexagone (20 millions de spectateurs), « Bienvenue chez les Ch’tis » connut en son temps les honneurs d’une sortie anticipée dans la région dont il louait les vertus : le Nord. Il s’agissait pour Dany Boon, dixit lui-même, de rendre hommage à son coin natal (auquel le film devait tout) et, pour les producteurs et distributeurs, de tenter un coup marketing malin.

Double buzz

Deux sorties à une semaine d’intervalle au lieu d’une, cela vous offre en effet la quasi-garantie d’un « double buzz », pour employer la terminologie des spécialistes du secteur.

Les journalistes des médias nationaux se déplacent sur place, en province, suivent le parcours promo et constatent de visu l’impact comique des images sur les autochtones. Ils reviennent dans leurs rédactions avec de bien belles images de la France d’en bas, ou plutôt d’en haut, si l’on respecte la réalité ch’ti de la carte. Avant, comme il se doit, de remettre le couvert la semaine suivante quand l’ensemble du pays est concerné par la sortie en salles.

Depuis le triomphe du film, la sortie anticipée semble en passe de devenir une habitude et Dany Boon, logiquement, a reconduit le « process » cette semaine avec son « Rien à déclarer », dont l’action se déroule à la frontière franco-belge, en janvier 1993, quand un certain ordre douanier ancien finit de s’effondrer. Et Boon n’est pas le seul à caresser le local dans le sens du poil.

750 000 entrée pour « Le Fils à Jo » sur le Sud-Ouest

Une semaine avant sa sortie nationale le 5 janvier 2011, « Le Fils à Jo » a dévoilé ses bobines en exclusivité là où il fut tourné et où est planté son intrigue : le Sud-Ouest.

Résultat : des reportages en amont et en région où les principaux intéressés (Philippe Guillard, le cinéaste, Gérard Lanvin, l’acteur) racontaient tout à loisir leur amour du terroir, du cassoulet et des choses viriles du rugby.

Sachant que « Le Fils à Jo » remporte un succès conséquent (750 000 entrées en deux semaines), on peut parier que le coup de la sortie anticipée sera de nouveau... de sortie quand un « gros » film français aura l’idée d’aller conter son histoire pittoresque (forcément pittoresque) dans tel ou tel coin de France. Ce qui ne devrait pas manquer d’arriver.

Tout se passe en effet comme si les décideurs du cinéma français, surfant sur l’angoisse engendrée par la mondialisation indéchiffrable, jouaient de plus en plus fréquemment la carte du scénario régional. Ce dernier vantant les « vraies » valeurs et l’« authenticité » en ne lésinant généralement pas sur les poncifs. En accompagnement, des partenariats ciblés, par exemple avec les biscuits Speculoos pour « Rien à déclarer ».

Images d’Epinal et cinéma de papa

Dans « Le Fils à Jo », un père veuf (Lanvin) issu d’une lignée d’illustres rugbymen, se désole que son gamin préfère l’école aux joies du ballon ovale. Parallèlement, il lutte pour que son propre terrain de rugby ne soit pas détruit par des gens venus de Grande-Bretagne et qui viennent d’acquérir l’usine du coin. (Voir la bande-annonce)

Dans « Rien à déclarer », une comédie antiraciste d’après son auteur, un douanier belge et un confrère français se déchirent sur l’autel nostalgique de la frontière et pour les beaux yeux d’une demoiselle. (Voir la bande-annonce)

Dans les deux cas, le portrait fantasmé de braves gens résistant à la « gabegie » ambiante et trouvant un sens à leur existence en restant fidèles aux valeurs du cru.

Le gamin du « Fils à Jo » retrouvera le droit chemin du terrain et gagnera son match. Les douaniers de « Rien à déclarer », des types au cœur « gros comme ça », trouveront leur salut dans l’entraide régionale.

Résultat : deux films bourrés de bonnes intentions (et dénués de tout cynisme) où s’agitent clichés en rafale, gentil folklore, accents truculents, prédilection pour les hommes, les vrais (« Le Fils à Jo ») et les dangereuses glissades scatos (« Rien à déclarer »).

Du « pays réel », rien que des « images d’Epinal » renvoyant aux vieilles ficelles du cinéma de papa, voire de grand-papa. Et une vision de l’humanité d’autant plus rassurante qu’elle est circonscrite à des territoires où les repères sont décrits comme immuables.

L’exigence n’est pas l’ennemie du succès populaire

Le cinéma français à vocation populaire (noble mission) est-il voué à la reproduction des mêmes sempiternels poncifs, pour le coup exportables en l’état dans tous les départements de l’Hexagone et de l’Outre-mer ? Heureusement, non.

Les triomphes commerciaux récents de films aussi divers que « Le Nom des gens », « Potiche », « Les Emotifs anonymes » ou « Mammuth » sont venus rappeler que, contrairement à ce que raconte une légende tenace, l’exigence n’est pas l’ennemie du succès populaire. Et que le « grand public », celui à la place duquel on aime trop souvent penser, n’a rien contre les films butinant ailleurs.

Entre les mastodontes qui labourent ces temps-ci le terrain régional et les fictions parisianistes autocentrées (souvent pour le pire) sur les infimes recoins de leur nombril, il existe beaucoup d’autres alternatives. Comment dire ? C’est vraiment tant mieux.

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  • Jean Karl
    Jean Karl
    Courageux anonyme
    • Posté à 12h08 le 31/01/2011
    • Internaute 114739
      Courageux anonyme

    A mon sens, ce n’est que l’effet retour des subventions des conseils régionaux pour les tournages en Province.
    Ils paient cher pour avoir un tournage sur leurs terres (CRRAV dans le Nord) et toutes ces avants premières sont un excellent support de communication locale.

    Cela profite à tout le monde.

    • tatane75
      tatane75 répond à Jean Karl
      Trader à la SGAM
      • Posté à 13h47 le 31/01/2011
      • Internaute 136061
        Trader à la SGAM

      et toujours les grands théoriciens... Le cinéma doit il vraiment être chiant pour être intelligent.
      Allez voir le film... c’est à mourir de rire. Moi , c’est tout ce que je lui demande...
      Je suis beaucoup trop con pour apprécier le cinéma intellectuel !

    • jadzia
      jadzia répond à Jean Karl
      auteure/réalisatrice
      • Posté à 20h17 le 01/02/2011
      • Internaute 111693
        auteure/réalisatrice

      heu... ça ne fonctionne pas comme ça dans les régions. Il y a un fond audiovisuel, souvent géré par une asso de professionnels, en même temps que l’éducation à l’image (école et cinéma, lycéens au cinéma,...)et d’autres choses comme l’accueil de tournage. Ses fonds sont divisés en « catégories » : fiction, documentaire, image animée, expérimental... et la dotation pour chacune de ses catégories est attribuée après qu’une commission de professionnels du cinéma se soit réunie et ai lue tous les projets en compétition. La somme est donc déjà fixée et ne change pas en fonction des films... les conseils régionaux ne « donnent pas » directement de l’argent aux films pour qu’ils viennent tourner dans leurs régions. De plus il y a des critères stricts pour pouvoir déposer un dossier de demande d’aide sélective.

      • Jean Karl
        Jean Karl répond à jadzia
        Courageux anonyme
        • Posté à 20h56 le 01/02/2011
        • Internaute 114739
          Courageux anonyme

        Vous décrivez là un « principe ». Les faits sont bien différents.
        Qui abonde ces fonds ? Bien souvent c’est le Conseil Régional.
        Qui préside ces « assos » ? Un vice Président de Conseil Régional...

        Et vous croyez que, par exemple, le Nord Pas de Calais attribuerait une somme pour un film tourné à Biarritz ?
        Le Nord donne à Y. Moreau (Quand la mer monte), à Zonca (la vie rêvée des Anges, tourné à Lille), A. Fontaine (Entre ses mains) etc.
        Les producteurs ne s’y trompent et font le tour des Régions pour boucler leur financement.

         
        • jadzia
          jadzia répond à Jean Karl
          auteure/réalisatrice
          • Posté à 08h32 le 02/02/2011
          • Internaute 111693
            auteure/réalisatrice

          je suis réalisatrice de documentaire et connais bien ce système. Les associations qui gèrent ce fond ne sont pas « sous la coupe “ d’un directeur du CRégional. Elles sont autonomes quand à la gestion du fond. C’est une commission de professionnels qui attribuent ce fond. De plus , comme je l’ai précisé plus haut, les critères sont très précis pour pouvoir déposer un dossier : c’est pareil pour chaque Région, une partie du tournage doit avoir lieu sur la Région, le réalisateur ou producteur doivent être issus de la Région, un certain nombre de techniciens locaux doivent être employés lors du tournage. Mais c’est le cas pour chaque Région où on dépose un dossier... ce qui ne me semble pas ‘anormal’ dans la mesure où la Région participe au financement de votre film, il doit y avoir une contrepartie, d’autant plus qu’il est illégal de récupérér de l’argent sur des fonds publics (si le film marche, la Région ne récupère pas un centime). Les sommes allouées par les Région sont très loin d’être gargantuesques, croyez-moi, les fonds sont très limités et sur le budget d’une fiction, ça ne représente qu’une très petite partie, les principaux financeurs étant les chaines de TV et le CNC. La proportion est plus importante quand ça concerne la réalisation d’un documentaire, par contre, ça représente une partie du budget qui soulage bien les réalisateurs.

        1 autres commentaires
  • ostia
    ostia
    inadapté
    • Posté à 12h10 le 31/01/2011
    • Internaute 88960
      inadapté

    une forte odeur de snobisme parigo dans cette article

    • Bob Moog
      Bob Moog répond à ostia
      Voltage Controlled
      • Posté à 12h17 le 31/01/2011
      • Internaute 136928
        Voltage Controlled

      C’est clair.

    • OsirisBernard
      OsirisBernard répond à ostia
      Juriste
      • Posté à 12h18 le 31/01/2011
      • Expert 73580
        Juriste

      L’auteur nous explique avoir travaillé « pour divers supports (Libération, Les Inrockuptibles, Le Nouvel Economiste…) “ ; hum...

      • Humain
        Humain répond à OsirisBernard
        • Posté à 21h15 le 31/01/2011
        • Internaute 21387

        Il a travaillé pour Libé...La banque Rotschild ! Bon , donc un film chiant...Racontant un machin philo à la traîne...

        Je me souviens du gros scandale de « bienvenue chez les Cht’is » qui avait marché alors qu’il avait une subvention !

        Normalement un film avec subvention régionale doit donc être chiant et ne pas marcher ?

         
        • -Candide-
          -Candide- répond à Humain
          Jardinateur
          • Posté à 00h25 le 01/02/2011
          • Internaute 40778
            Jardinateur

          ça n« a rien à voir.

          Le problème c’est que nos technocrates ne connaissent que le principe des subventions.

          La participation à la production, l’avance (à fond perdu) sur résultat semble être des notions trop complexes !

          Bien évidemment, la culture doit être aidée par l’état sans exclure les films comiques dit “grand public”

          Mais la décence fait que quand une production est rentable, la participation de l’Etat puisse être remboursée.

          • Humain
            Humain répond à -Candide-
            • Posté à 21h06 le 01/02/2011
            • Internaute 21387

            Entièrement d’accord avec vous !

            Qu’il y ait des subventions pour les nouveaux film est une excellente chose, et je n’ai rien contre.

            Ce qui me fout en pétard est de reprocher aux Chti’i d’en avoir eue une !
            (Alors qu’un film, on ne sait pas si’il va marcher avant qu’il ne sorte vraiment en salle)

            Les Chti’s ont marché, et ils ont remboursé leur aide, on ne doit donc pas les embêter avec cela !
            (A l’époque on en avait même fait une question politique ! Souvenez-vous !)

            Et pourvu que l’on puisse aider plein d’autres films !

            • jadzia
              jadzia répond à Humain
              auteure/réalisatrice
              • Posté à 08h37 le 02/02/2011
              • Internaute 111693
                auteure/réalisatrice

              heu, il est vraiment très rare... pour ne pas dire exeptionnel, qu’un producteur rembourse l’avance sur recettes... en théorie, il devrait... mais dans les faits, c’est carrément pas ça.... même pour les films qui marchent bien...

              • Humain
                Humain répond à jadzia
                • Posté à 15h53 le 03/02/2011
                • Internaute 21387

                Je n’aime pas du tout Dany Boon !

                Mais on doit reconnaître que dès que sont film « les chti’s » a marché, il a remboursé les avances !

                N’en déplaise à madame Mme Élise Ovart-Baratte qui a voulu se faire une image sur ce point ! C’est du Strauss Kahn cinéma !

                Alors je pense que l’on peut lui reprocher plein de choses mais pas celle ci !

        4 autres commentaires
    • Emma Indoril
      Emma Indoril répond à ostia
      Nérévarine
      • Posté à 12h28 le 31/01/2011
      • Internaute 29462
        Nérévarine

      +1

    • gounzor
      gounzor répond à ostia
      en lutte
      • Posté à 13h29 le 31/01/2011
      • Internaute 129458
        en lutte

      ouah vous plaignez pas, La parité province/paris c’est ça aussi : La province à ses films de merde comme tout le monde et puis c’est tout. ;)

      • ostia
        ostia répond à gounzor
        inadapté
        • Posté à 13h42 le 31/01/2011
        • Internaute 88960
          inadapté

        entièrement d’accord avec vous sur ce point ! !

         
        • ju_mrt
          ju_mrt répond à ostia
          • Posté à 15h36 le 31/01/2011
          • Internaute 26769

          Bonjour,
          Je crois que ce n’est pas tant le régional en tant que « province » qui est visé à travers cet article, que le régional bleu blanc rouge.

          Les gros succès du Cinéma français, en termes de « business » ont été les Chtis, Camping, Les petits mouchoirs etc...

          Des films certes drôles (l’humour c’est relatif) ou intéressant (pareil..c’est relatif aussi), mais dont on a tout à fait le droit de critiquer la portée « identitaire » si vous me permettez cette expression.

          Le cinéma n’a pas qu’un rôle de divertissement et nombreux sont les gens n’habitant pas à Paris à penser cela également :)

          • kevangel
            kevangel répond à ju_mrt
            Chercheur
            • Posté à 17h09 le 31/01/2011
            • Expert 24356
              Chercheur

            « on a tout à fait le droit de critiquer la portée “identitaire” si vous me permettez cette expression. »

            La portée identitaire ? Faudrait pas trop abuser de la drogue quand meme.
            Est-ce qu’on critique la portée parisiano-parisienne de 90% des films francais ? Est-ce que quelqu’un a critiqué Amélie Poulain parce que c’était parisiano-centré ?

            • ju_mrt
              ju_mrt répond à kevangel
              • Posté à 17h23 le 31/01/2011
              • Internaute 26769

              Kevangel,
              Oui bien sûr, Amélie Poulain a reçu de nombreuses critiques sur son côté franchouillard lors de sa sortie.

              Pourquoi parlez-vous de drogue ?

              Je crois qu’on peut encore critiquer un film dit « populaire » sans être taxé de snob parisien.

              • kevangel
                kevangel répond à ju_mrt
                Chercheur
                • Posté à 17h33 le 31/01/2011
                • Expert 24356
                  Chercheur

                « Pourquoi parlez-vous de drogue ? »
                Ou avez-vous vu des films identitaires ?

                « Je crois qu’on peut encore critiquer un film dit “populaire” sans être taxé de snob parisien. »
                Oui, mais dans ce cas, on attend d’avoir vu le film !

                • ju_mrt
                  ju_mrt répond à kevangel
                  • Posté à 17h57 le 31/01/2011
                  • Internaute 26769

                  Dans les gros succès du cinéma français de ces dernières années, on peut compter, entre autres, Camping, les Chtis qui fonctionnent sur quelques stéréotypes d’une image de la France dans laquelle on dit se retrouver.

                  Je trouve personnellement, pour avoir vu ces deux là que c’est un peu franco-franchouillard si vous préférez. Beaucoup de stéréotypes et un peu nostalgiques sinon « passéistes ».

                  Quant au film Rien à déclarer, je ne l’ai pas vu, c’est vrai, mais le sujet est suffisament éloquent. On met en scène, encore une fois deux stéréotypes, qui à cause de l’Europe et de la fermeture des frontères se retrouvent à perdre leur emploi initial.

                  Si vous voyez une insulte au mot « identitaire », j’en suis désolé. Je ne taxe pas ces films d’être pro FN si cela peut vous rassurer.
                  Mon premier message disait que l’article ne parlait pas tant du régional en tant que province que du régional en tant que France

                  • kevangel
                    kevangel répond à ju_mrt
                    Chercheur
                    • Posté à 18h02 le 31/01/2011
                    • Expert 24356
                      Chercheur

                    « Je trouve personnellement, pour avoir vu ces deux là que c’est un peu franco-franchouillard si vous préférez. Beaucoup de stéréotypes et un peu nostalgiques sinon “passéistes”. »
                    En meme temps, c’est des comédies, pas des documentaires !
                    Dans ce cas, on peut dire que la grande vadrouille c’est germanophobe.

                    « Si vous voyez une insulte au mot “identitaire”, j’en suis désolé. Je ne taxe pas ces films d’être pro FN si cela peut vous rassurer. »
                    Oui je suis rassuré, ce n’était pas très clair dans votre 1er commentaire.

                    « Mon premier message disait que l’article ne parlait pas tant du régional en tant que province que du régional en tant que France »
                    On a pas du lire le meme article. Il cite plusieurs fois le mot « province » dans des termes très péjoratifs. Mais vous devez etre parisien, alors ca ne vous a pas sauté aux yeux.

                    • ju_mrt
                      ju_mrt répond à kevangel
                      • Posté à 18h14 le 31/01/2011
                      • Internaute 26769

                      Kevangel,
                      On ne peut rien vous cacher. Je suis parisien :)

                      et oui je trouvais aussi que la grande vadrouille, c’était un peu ça en effet, vous lisez dans mes pensées. Mais à cette époque...bon...c’était presque un pionnier dans le genre.

                      Quoiqu’il en soit, merci pour ces échanges, je pense que je vais aller voir Rien à déclarer au cinéma cette semaine (et comme je suis Parisien, je pense que j’irai le voir en VO....).

                       :)

                      Salutations

              • philippe.edmond
                philippe.edmond répond à ju_mrt
                http://unvoyageauliban.bafweb. (...)
                • Posté à 19h31 le 31/01/2011
                • Internaute 39518
                  http://unvoyageauliban.bafweb. (...)

                on pourrait alors dire mondialouillard ou sansfroutièrouillard !

          • ricouti
            ricouti répond à ju_mrt
            • Posté à 23h27 le 31/01/2011
            • Internaute 39406

            Plus fort, je crois que cet article critique tout simplement quelque chose qui est français . Pour une bonne partie de cette bourgeoisie branchouille, tout ce qui peut rappeler la France est suspect et sale.
            Quoi ? ces ploucs de la campagne du Sud-ouest se distraient avec le rugby ? quelle vulgarité !

            Par contre , que les films italiens de la grande époque nous montrent la realité rurale de l’ Italie, ça c’est bien !
            Que Paris-Texas évoque un coin paumé des USA , tout à fait respectable.
            Il y a aussi les films coréens qui nous donnent à voir la société coréenne : magnifique !

            Il se trouve que ce sont souvent les films dépeignant les détails d’une société qui sont le plus universel. La trilogie de Pagnol nous montrait Marseille : son succès a largement dépassé nos frontieres.

            Evidemment, les deux films « régionaux » en question ne sont peut etre pas des chefs d’oeuvre, mais ils rendent compte d’une realité regionale , directement ou indirectement., ce qui pour l’auteur de cet article est insupportable.

            Mais finalement, ce mépris de son propre pays, c’est très ... français !

            C’est bien beau de dénoncer la déconnexion des « élites » , mais ça ne se limite pas aux politiques, apparemment.

            • eedee
              eedee répond à ricouti
              photographe et vidéaste
              • Posté à 05h02 le 01/02/2011
              • Internaute 59691
                photographe et vidéaste

              Je ne suis pas d’accord avec vous : ce n’est pas tant le fait de montrer la réalité rurale qui est critiqué que le fait de ne pas la montrer, justement ! Car on est loin de la réalité dans ces films, il s’agit de s’amuser avec les clichés ! Ce n’est pas « ces ploucs se distraient avec le rugby, quelle vulgarité ! ». C’est « Non, les provinciaux ne sont pas que des ploucs qui se distraient avec le rugby ».

              Ca me fait rire, ces discussions, où l’auteur, tentant de montrer que les provinciaux ne sont pas ces braves bêtes décrites dans les films, se fait critiquer par ces mêmes provinciaux pour leur avoir enlevé leur plouquitude !

              • neutron
                neutron répond à eedee
                juriste
                • Posté à 13h33 le 01/02/2011
                • Expert 54951
                  juriste

                « Ca me fait rire, ces discussions, où l’auteur, tentant de montrer que les provinciaux ne sont pas ces braves bêtes décrites dans les films, se fait critiquer par ces mêmes provinciaux pour leur avoir enlevé leur plouquitude ! »

                Très bien dit.

                Des films dont la province est le décor sans en être l’alibi et qui n’en sont pas pour autant « intellectuels » (comme si ça devenait une insulte ce mot ...) c’est possible : Western, Karnaval, A l’Origine ...

                Et puis stop à l’hypocrisie des parisanophobes de base : admettez qu’il y a un « style » film populaire autoproclamé (rien que dans l’esthétique des affiches et la com’). Bienvenue Chez les Chtis et Rien à Déclarer se présentent comme des films de créneau, c’est indéniable.

                Ce qu’on remet en question, c’est ce « créneau » qu’on impose aux spectateurs : en se plaçant délibérément dans ce créneau « populaire », ces films se dédouanent de leur manque d’impertinence et d’imagination (« C’est juste un film pour faire rire quoi ! »).

                Ca fait passer des films qui sont justes excellents pour des films d’intellos parisiens (A l’Origine par exemple).

                Bienvenue Chez les Chtis était un films sympa, avec de bons gags, mais aussi assez lénifiant. Et même en habitant le Nord on peut le dire aussi.

        11 autres commentaires
      • nestor38
        nestor38 répond à gounzor
        inséré ?
        • Posté à 13h56 le 31/01/2011
        • Internaute 60788
          inséré ?

        Il y a aussi de bons films, ceux d’Alain Guiraudie par exemple, un cinéma du sud ouest qui n’est pas réac, pittoresque, et qui est surtout un cinéma inventif, drôle et bouleversant...

        Personnellement en tant que « provincial », j’en ai marre que les films considérés comme provinciaux sont des films plein de bons sentiments rappelant le cinéma des années 50, un cinéma pré nouvel-vague (des films de Becker à ceux de Boon par exemple) pour retraités nostalgiques d’une époque qui n’a jamais existé.

        L’homme de Province est lui aussi entré dans le cinéma morderne.

         
        • kevangel
          kevangel répond à nestor38
          Chercheur
          • Posté à 17h10 le 31/01/2011
          • Expert 24356
            Chercheur

          « L’homme de Province est lui aussi entré dans le cinéma morderne. »

          Mais le cinéma moderne n’est pas entré en Province. En général, lorsqu’ils passent le périph, c’est en avion direction Marrakech.

        • Margot
          Margot répond à nestor38
          • Posté à 18h43 le 31/01/2011
          • Internaute 10060

          Il y a quelques années, j’ai vu un très joli film « provincial », qui racontait le chemin d’un jeune homme, beur et homosexuel, partant du nord de la France vers Marseille, à la recherche de son père.

          Le film traversait ainsi la province sans aucune condescendance, le héros rencontrait des gens variés et sympathiques. Il n’y avait aucune notion communautariste (que cette communauté soit homo, beur, régionale, aucune ne transpirait comme c’est presque systématiquement le cas aujourd’hui).

          C’était « Drôle de Félix », d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau, avec le charmant Sami Bouajila en rôle-titre.

          • Margot
            Margot répond à Margot
            • Posté à 21h58 le 31/01/2011
            • Internaute 10060

            OMG, je viens de voir que Jacques Martineau avait déjà commis « Jeanne et le garçon formidable », la plus touchante comédie musicale française qui soit (je vous l’accorde, hormis Demy...).

          • nestor38
            nestor38 répond à Margot
            inséré ?
            • Posté à 01h21 le 01/02/2011
            • Internaute 60788
              inséré ?

            Oui Drôle de Félix était pas mal du tout (un peu en deça pour moi de Jeanne et le garçon formidable que j’aime beaucoup), il y en a bien sûr d’autres, je me souviens d’A la campagne de Manuel Poirier (même si ce qu’il a fait ensuite est moins percutant...) qui m’avait bouleversé avec le grand Benoit Régent. De toute façon, aujourd’hui avec le système de financement du cinéma français par les conseils régionaux, il y a de plus en plus de films hors Paris, rien qu’à Grenoble, les tournages se sont multipliés.

            Je pensais à Guiraudie parce qu’il joue avec cette étiquette de régionalisme, comme il joue avec l’étiquette de l’homosexualité (je pense au magnifique « Pas de repos pour les braves », par exemple). Le lien entre Becker et Guiraudie c’est que cette image de provinciale est revendiquée pour le pire et pour le meilleur.

        4 autres commentaires
    • Waldeck
      Waldeck répond à ostia
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 17h44 le 31/01/2011
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      -« une forte odeur de snobisme parigo dans cette article »

      Non, pas forcément, cet article pourrait concerner également « Amélie Poulain » , truffé de clichés et d’images d’ d’Épinal sur les parisiens (*) mais qui m’a procuré un vrai plaisir, j’aime aussi les films de Becker et ses clichés simili-ruraux ...

      Vive le cinéma Cul-Cul la Praline s’il peut nous distraire !

      (*) je suis parisien, et pas + fier pour ça ...

      • ostia
        ostia répond à Waldeck
        inadapté
        • Posté à 18h49 le 31/01/2011
        • Internaute 88960
          inadapté

        ben non justement ce qui est fou c’est que cet article ne parle de film, il parle à peine de cinéma ! Amélie Poulain ou pas, cet article ne PARLE PAS DE CINEMA ! !
        il parle juste de la sortie d’un film dans une région qui n’est pas la région parisienne, ce qui en soi ne vaut pas un article sur la Rue mais bon passons...

        indépendamment du film (que je n’irai d’ailleurs pas voir, pas que ça à foutre), cet article pue le parisianisme grossier arrogant et suffisant, caractéristique de certains « journalistes/critiques » ou je ne sais quoi

         
        • monika
          monika répond à ostia
          • Posté à 10h18 le 01/02/2011
          • Internaute 28466

          (que je n’irai d’ailleurs pas voir, pas que ça à foutre), pourtant vous avez le temps de poster sur rue 89, c’est de la mauvaise volonté de votre part,
          ce film m’a bien fait rire alors je vous conseille de vous rendre au cinéma et de critiquer ce film après

        1 autres commentaires
    • Ginette Bouzigue
      Ginette Bouzigue répond à ostia
      concierge dans l'escalier
      • Posté à 00h51 le 01/02/2011
      • Internaute 102660
        concierge dans l'escalier

      Évident ! Nous les provinciaux sommes des ploucs... pour les parisiens !

      • monika
        • Posté à 10h13 le 01/02/2011
        • Internaute 28466

        Ca sent la guerre civile. C’est quand même déplorable que les français se chient dessus de la sorte !

         
        • Ginette Bouzigue
          Ginette Bouzigue répond à monika
          concierge dans l'escalier
          • Posté à 12h18 le 01/02/2011
          • Internaute 102660
            concierge dans l'escalier

          Oui, mais il est tout autant insupportable de supporter le mépris permanent des parisiens !

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 10-11-2011
    • Posté à 12h11 le 31/01/2011
    • Internaute 124772
      -

    Snif...

  • Arachide
    Arachide
    Santé
    • Posté à 12h14 le 31/01/2011
    • Internaute 105999
      Santé

    Ben voilà, il en faut pour tout le monde, pour les Parisiano-centrés pour lesquels la France c’est Paris, pour les provinciaux pour lesquels Paris ne résume pas la France et qui ont envie de voir d’autres horizons plus proches de leur quotidien, et enfin pour ceux qui aiment voyager autour du globe !

    Parfait !

    • Numerosix
      Numerosix répond à Arachide
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 14h03 le 31/01/2011
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Mon pauvre ami, vous confondez avec le banlieusard. Le Parisiono-centré ne va pas au cinéma, il est invité aux avant-premières. Il pense que le cinéma, c’est des avant-premières avec du champagne et des petits fours..

  • I.P
    I.P
    Flat4
    • Posté à 12h17 le 31/01/2011
    • Internaute 25391
      Flat4


    Le gamin du « Fils à Jo » retrouvera le droit chemin du terrain et gagnera son match. Les douaniers de « Rien à déclarer », des types au cœur « gros comme ça », trouveront leur salut dans l’entraide régionale.

    Merci c’est sympathique de spoiler la fin des deus films ! Je n’avais pas l’intention de les voir de toute manière mais ceux qui sont intéressés vont apprecier.
    C’est comme si je disais que Keyser Söze c’est Kevin Spacey ou qu’à la fin de Seven c’est la tête de la femme de Brad Pitt dans la boîte...

    • le soudanais
      le soudanais répond à I.P
      ici et là
      • Posté à 12h24 le 31/01/2011
      • Internaute 16438
        ici et là

      d’un autre côté, pas très dur à deviner la fin des films à fin heureuse :)) a priori personne ne va au ciné pour cette « fin ».

      c’est comme de dire, à la fin de Julie Lescau le méchant bein il va en prison, comme dans Navarro aussi soit dit en pasant !

    • Géronimo27
      Géronimo27 répond à I.P
      Chercheur
      • Posté à 12h27 le 31/01/2011
      • Expert 95008
        Chercheur

      Et dans 6ième sens, Bruce Willis il est mort depuis le début. : p

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