Zoom avant

Dans son blog Zoom avant, Olivier De Bruyn observe principalement l'actualité du cinéma sous tous ses aspects : esthétique, économie, politique... Il aime aimer et, à l'occasion, ne pas aimer et le dire. Il ne s'interdit pas de fureter dans d'autres territoires quand l'envie lui en prend : télévision, musique, sport... 

« The Tree of Life » : et Malick survint parmi les hommes

Olivier De Bruyn
Journaliste
Publié le 16/05/2011 à 16h49

(De Cannes) Terrence Malick, l’homme-mystère du cinéma américain, investit la frivole croisette avec « The Tree of Life » (en salles mardi), une fable métaphysique où Brad Pitt et Sean Penn prennent de la hauteur. Et nous ?

Terrence Malick à Cannes : l’image est à peu près aussi comique que celle d’un moine cistercien en transe techno à Ibiza ou d’un agoraphobe égaré à la station Châtelet à l’heure de pointe. Plus improbable, on ne peut pas.

Fuyant l’agitation médiatique comme d’autres la peste et le choléra réunis, Malick, 36 ans de métier, mais seulement cinq films au compteur, a érigé la discrétion au rang du seul art qui vaille. Le seul avec le cinéma.

Solitude, mon amie

Tout concentré sur son Art (la majuscule s’impose), où l’exigence formelle flirte avec de très sérieuses ambitions poético-métaphysiques, Malick a déserté le terrain de la représentation pour celui de la création. Une rareté solitaire en son temps. Surtout du côté d’Hollywood.

Le résultat : une filmographie unique qui, de « Badlands » au « Nouveau Monde », réinvente les figures du cinéma pour créer un univers ultra-singulier où la sensualité, l’émotion, l’humanisme inquiet et l’élévation mystique cohabitent dans une étrange harmonie, aux antipodes des us et coutumes du cinéma contemporain.

Au fil des ans (des décennies), Malick a réussi à se construire un statut très à part aux Etats-Unis, où il fait figure d’ermite inclassable et un tantinet inquiétant.

Pas d’interviews, jamais de photos, aucune peoplerie et des contrats qui stipulent qu’il ne sera en rien contraint d’assurer la promo de ses films : Stanley Kubrick, en comparaison, était un modèle d’ouverture au monde et de communication débraillée.

Un an de retard, et alors ?

Annoncé l’an passé à Cannes, « The Tree of Life » y apparaît finalement douze mois plus tard. Logique : Malick aime donner du temps et, comme il se doit, méprise souverainement le calendrier ordinaire qui préside aux choses du cinéma.

Ayant disparu de la circulation pendant vingt ans (depuis « Les Moissons du ciel » en 1978, prix de la mise en scène ici-même, à « La Ligne rouge » en 1998, Ours d’or à Berlin), il pouvait bien se permettre de faire attendre le Festival et ses adeptes en peaufinant sa nouvelle fiction, dont l’origine remonte à plusieurs décennies, tout seul dans son coin.

Big-bang délirant

Enfin, voici la chose. Pas de surprise : elle ne ressemble à rien de connu dans le monde des images. Qu’est-ce que « The Tree of Life » ? Eh bien, mon Dieu, « ça » raconte l’histoire de l’humanité. Ou « quelque chose » d’approchant.

La première demi-heure du film frôle le sublime. Pour entamer son très grand-œuvre, Malick met en scène plusieurs temporalités et les entremêle.

Texas, années 50. Jack, 10 ans, vit sous le poids contraignant de l’autorité paternelle (Brad Pitt) et trouve un réconfort auprès de sa douce maman et de ses deux frères cadets.

De nos jours, dans une mégalopole glaciale, le même Jack adulte (Sean Penn), se penche sur son passé lointain et souffre. Un événement hautement traumatique a en effet bouleversé sa vie. Evénement autour duquel le film ne cessera plus de rôder. (Voir la bande-annonce)

Mais raconter ceci revient à ne rien dire du tout. Dès les premières scènes de « The Tree of Life », Malick châtie en effet les codes de la narration et entraine dans un récit énigmatique où la chronologie, les dialogues et la psychologie sont atomisés.

Un épisode furieusement métaphysique

Et l’on n’a encore rien vu. Passé le sidérant prologue, le cinéaste change de braquet et remonte une seconde fois le temps, direction, cette fois, la naissance de l’humanité.

Et le film de mettre en scène un second « quelque chose » qui ressemble au big-bang fondateur, à grands renforts d’effets psychédéliques et plans contemplatifs sur dame nature (une obsession malickienne de toujours).

Résultat : une demi-heure de film qui fluctue entre expérience sensorielle radicale, documentaire façon National Geographic, voire « Jurassic Park », quand les dinos s’en mêlent.

Evidemment, une fois passé cet épisode furieusement métaphysique, quand « The Tree of Life » s’en revient à l’histoire de Jack, on ne la regarde plus exactement cette dernière du même œil.

Des moments de grâce, synonymes de poésie pure

Le nouveau film de Malick a tout de l’œuvre-somme et l’on est prié de ne pas rigoler du tout. Entre requiem pour un disparu, quête des origines et hymne à la vie (ouf !), le cinéaste invite à une communion solennelle et grandiloquente qui peut légitiment laisser perplexes les spectateurs peu portés sur les gâteries mystiques.

Dans « The Tree of Life », les personnages, pauvres pions mal disposés sur le grand échiquier de l’humanité en désordre, parlent à dieu, convoquent des ombres et évoluent en tremblant dans le réel, en attendant d’aller au paradis, ce qui finira peut-être bien par advenir.

Le film contient des séquences admirables, qui rappellent que Malick sait comme personne bâtir un plan et signer des moments de grâce (c’est le cas de le dire), synonymes de poésie pure.

Hélas, ce « 2011, L’Odyssée de l’univers » paraît aussi surtout écrasé sous les poids de ses ambitions théoriques. Et dans ce film si économe de ses dialogues, c’est la musique (signée Alexandre Desplat) qui se charge de mettre les points symphoniques sur les I de l’Interrogation métaphysique.

Une musique emphatique et qui, selon Desplat, « devait couler comme un torrent d’eau. » C’est bel et bien le cas. Et l’on sort de la grand-messe un tantinet douché.

Le silence en français

Plus modestes que Terrence Malick (ce qui n’est pas très compliqué), les cinéastes français en compétition semblent, eux, tentés par l’art du silence, ce qu’on ne leur reprochera pas.

Silence radical avec « The Artist », de Michel Hazanavicius. Dans son nouveau projet, le réalisateur des deux « OSS 117 », met en effet en scène un film muet et en noir et blanc. Un défi purement ludique qu’il relève avec une élégance plutôt inattendue. (Voir la bande-annonce)

Autour de l’histoire d’amour entre une star hollywoodienne du cinéma muet (Jean Dujardin) et une figurante en quête de notoriété qui grimpe quatre à quatre l’échelle du succès, le cinéaste signe une fiction qui évite les pièges de la nostalgie béate et de l’imitation besogneuse.

Au final, un petit film dont l’humilité et la simplicité sont les principaux atouts. On ne serait pas plus étonné que ça de retrouver l’agréable et consensuel « The Artist », au palmarès dimanche prochain.

Une monotonie sans égale

Silence estampillé « auteur » dans « L’Apollonide. Souvenirs de la maison close », le nouveau film du très austère Bertrand Bonello. Le cinéaste investit un bordel parisien du début du siècle dernier, n’en sort pas deux heures durant, filme les ébats, déprimes, arrangements avec la vie et le sexe des demoiselles pensionnaires.

Le résultat, d’une monotonie sans égale, malgré la structure très « moderne » de la chose (enchevêtrements temporels, images mentales...), laisse plus que perplexe, même si Bonello a quelques idées curieuses, comme celle de faire pleurer des larmes de sperme à l’une de ses héroïnes.

Après le « Polisse », de Maïwenn (la pédophilie dans tous ses états) et avant « La conquête », sur Nicolas Sarkozy, le film de Bonello a laissé perplexe la presse internationale lors de la grande projection d’hier soir. Serait-ce encore l’image de la France dans le monde qui en prend un coup ?

Aller plus loin
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  • A déménagé le 9-4-2012
    A déménagé le 9-4-2012
    Explore l'indéterminé
    • Posté à 17h18 le 16/05/2011
    • Internaute 22643
      Explore l'indéterminé

    Le film de Malik a l’air comme je les aimes. Quant aux petits films à la française, « ludiques », pleins d’« humilité » et de « simplicité », ça ne m’intéresse pas du tout. Terence Malik, vite !

  • batmad
    batmad
    enrevenantducinema.fr/
    • Posté à 17h35 le 16/05/2011
    • Internaute 154601
      enrevenantducinema.fr/

    Personnellement, j’attends avec impatience le Bonello, j’ai aimé ses précédents films « Le pornographe », « Tiresia » et « De la guerre » et surtout son court métrage magnifique « Cyndi the doll is mine » qui en dix minutes d’un dispositif très simple provoquait une émotion intense. C’est sûr il est austère, ses films sont étranges, pas faciles, mais cela ne me dérange pas qu’il faille faire un effort pour aller vers un film, pour rencontrer un regard, on peut aller à la fête forraine sinon. Peut-être que je serai déçu, on verra...

    Sinon, j’ai l’impression que ça démarre mollement d’après ce que je lis, ça et là, de chez moi, j’ai l’impression qu’il y a de nombreux films qui se veulent radicaux, provocateurs mais que pour l’instant il y a peu de grands films... Je me trompe ?

  • inspecteur crouton
    inspecteur crouton
    troll de tram
    • Posté à 18h15 le 16/05/2011
    • Internaute 118828
      troll de tram

    Après les Moissons du Ciel, on ne peut que se jurer d’ aller systématiquement voir tous les films de Malik, c’ est un devoir.

    Comme il n en fait qu’ un tous les 10 ans, c’ est pas trop contraignant : il n y a guère que Dalton Trumbo ou Charles Laughton pour avoir fait mieux, et on ne parle que de chefs d’ oeuvre.

    • A déménagé le 1-6
      • Posté à 18h37 le 16/05/2011
      • Internaute 61755

      d’ac, juste un oubli [j’suis chiant hein ? ]
      Lien

      • inspecteur crouton
        inspecteur crouton répond à A déménagé le 1-6
        troll de tram
        • Posté à 18h55 le 16/05/2011
        • Internaute 118828
          troll de tram

        Ah, j ai pas vu, ça. Faut ?

         
        • A déménagé le 1-6
          • Posté à 18h56 le 16/05/2011
          • Internaute 61755

          oh que oui.

        • unagi-
          unagi- répond à inspecteur crouton
          卑語
          • Posté à 20h08 le 16/05/2011
          • Internaute 24252
            卑語

          C’est un film incroyable.

          • inspecteur crouton
            inspecteur crouton répond à unagi-
            troll de tram
            • Posté à 20h27 le 16/05/2011
            • Internaute 118828
              troll de tram

            Bon très bien. Mais il est jamais dans les OP Fnac avec 5 ou 6 DVD pour 30 euros, aussi.

            • unagi-
              unagi- répond à inspecteur crouton
              卑語
              • Posté à 20h45 le 16/05/2011
              • Internaute 24252
                卑語

              Je ne l’ai pas trouvé là non plus.
              Lien

              ou mais tracker ^rivé
              Lien hautement recommandé
              Il me reste des invitations de connection

              • inspecteur crouton
                inspecteur crouton répond à unagi-
                troll de tram
                • Posté à 20h56 le 16/05/2011
                • Internaute 118828
                  troll de tram

                Ah oui mais moi faut que j’ achète le support physique, je suis old school.
                Con, mais old school.

                • unagi-
                  unagi- répond à inspecteur crouton
                  卑語
                  • Posté à 21h00 le 16/05/2011
                  • Internaute 24252
                    卑語

                  Le film est réédité chez criterion

                  Lien

                  Mais c’est un film qui mérite largement d’avoir le support physique.

                  • A déménagé le 1-6
                    • Posté à 21h04 le 16/05/2011
                    • Internaute 61755

                    comme les films qui paraissent chez « wild side » au passage, de très bonnes copies.

                    • unagi-
                      unagi- répond à A déménagé le 1-6
                      卑語
                      • Posté à 21h09 le 16/05/2011
                      • Internaute 24252
                        卑語

                      Les catalogues sont sublimes comme chez criterion encore, avec la superbe réédition de « two lane black top ».
                      Ils ne se foutent pas de notre gueule.

                      • A déménagé le 1-6
                        • Posté à 21h12 le 16/05/2011
                        • Internaute 61755

                        les galettes sont un peu chères, mais elles sont classes, effectivement.

                      • inspecteur crouton
                        inspecteur crouton répond à unagi-
                        troll de tram
                        • Posté à 00h07 le 17/05/2011
                        • Internaute 118828
                          troll de tram

                        Two Lane Black Top ( Macadam à 2 Voies ) c’ est quand même un peu chiant, il me semble.
                        Moi je préfère Vanishing Point ( Point Limite Zero ).

                        Lien

                        • unagi-
                          unagi- répond à inspecteur crouton
                          卑語
                          • Posté à 00h20 le 17/05/2011
                          • Internaute 24252
                            卑語

                          je l’ai revu il n’y a pas très longtemps et je l’ai trouvé vraiment vieilli.
                          Dans un autre style as tu vu electraglide in blue ?

                          • inspecteur crouton
                            inspecteur crouton répond à unagi-
                            troll de tram
                            • Posté à 00h38 le 17/05/2011
                            • Internaute 118828
                              troll de tram

                            Ah oui tiens, encore un réalisateur d’ un seul film ( enfin je crois ), et encore un grand film.
                            La scène finale est très belle, absurde et dérisoire.

                            Guercio était le manager du groupe Chicago, qui passe bientôt à Paris. Ca va pas être un public jeune...

                            • unagi-
                              unagi- répond à inspecteur crouton
                              卑語
                              • Posté à 01h31 le 17/05/2011
                              • Internaute 24252
                                卑語

                              On en peu plus des jeunes.
                              Je crois qu’à un journaliste qui lui posait une question du pourquoi un seul film , il a répondu qu’il était fier de n’avoir fait aucune merde.
                              Pour two lane, je trouve que c’est un film sur le vide, une perte de sens comme pourra l’être dans un autre registre « moins que zéro » les paysages en moins.
                              Il n’est pas très vivant c’est sur.

                • A déménagé le 1-6
                  • Posté à 21h00 le 16/05/2011
                  • Internaute 61755

                  moi itou. c’est pour cela que j’ai pas balancé ma tévé. et dire que je vais devoir attendre la retraite pour mater tous les westerns et les séries z que j’ai accumulés.

        14 autres commentaires
    • i. a déménagé le 26 juillet
      • Posté à 20h19 le 16/05/2011
      • Internaute 151149

      il y a un ou deux Sean Penn à voir : -)
      The pledge est très beau, qui est un peu sa nuit du chasseur

  • Rebel Yell
    Rebel Yell
    Je pose une question.
    • Posté à 19h17 le 16/05/2011
    • Internaute 127333
      Je pose une question.

    Article mis en ligne à 16 : 49 : à 19 : 17, seulement 6 commentaires !
    Comme dit l’autre, cette année pas de chance le festival de Khan se passe à New-York !

    Courage Olivier !

    • Rebel Yell
      Rebel Yell répond à Rebel Yell
      Je pose une question.
      • Posté à 19h50 le 16/05/2011
      • Internaute 127333
        Je pose une question.

      Pour le moment le record est détenu par l’article Lien : publié le 15/05 à 11 : 44, on en est à 28 commentaires (soit moins d’un commentaire par heure).

      Bon Olivier, on se fait un petit poker ?

  • Isapol
    Isapol
    Curieuse
    • Posté à 21h24 le 16/05/2011
    • Internaute 154682
      Curieuse

    Pas encore vu ! Il parait que ça c’est sympa aussi : Lien !

  • Amélie59
    Amélie59
    L'eau qu'a Terre
    • Posté à 23h56 le 16/05/2011
    • Internaute 108837
      L'eau qu'a Terre

    « Le film contient des séquences admirables, qui rappellent que Malick sait comme personne bâtir un plan et signer des moments de grâce (c’est le cas de le dire), synonymes de poésie pure. “

    Marrant, je sors à l’instant de l’avant première à Lille.

    Dans la salle, tout le monde a applaudi ironiquement à la fin, tellement ce film était pourri.

    Voici les commentaires unanimes à la sortie : (c’est la première fois que j’assiste à autant d’avis négatifs convergents )

    - ‘C’est le film le plus naze que j’ai jamais vu’
    - ‘ Je pensais avoir tout vu, mais ca dépasse tout ce que je pouvais imaginer’
    - ‘C’est abusé comme c’était nul’.

    Voilà, sans parler des dizaines de spectateurs inspirés qui se sont carapatés en plein milieu.

    En mm tps, je crois qu’il faut le voir pour le croire pcq j’avais été conquise par la BO. Bref, ma critique n’a pas l’air très constructive, je vous l’accorde mais pour le bien du spectateur elle l’est quand mm un peu !

    ‘Résultat : une demi-heure de film qui fluctue entre expérience sensorielle radicale, documentaire façon National Geographic, voire Jurassic Park ’, quand les dinos s’en mêlent.”

    –> c’est exactement ça sauf que j’aurais du me barrer à ce moment là : D

    Sans doute je ne mérite pas d’apprécier les œuvres malickiennes...

    • Ed.Redon
      Ed.Redon répond à Amélie59
      Qui veux un chamallow ?
      • Posté à 00h21 le 17/05/2011
      • Internaute 149684
        Qui veux un chamallow ?

      Concernant les critiques unanimes, j’imagine que les têtes d’affiches que sont Pitt et dans une moindre mesure Penn vont attirer un public qui ne devrait pas être celui du film.
      On aimerait d’ailleurs avoir plus de retours sur leurs prestations, si possible :)

      Un peu comme le nom de Spielberg avait attiré un large public pour son film sur l’abolition de l’esclavage, Amistad. C’était la première et dernière fois que je voyais la moitié d’une salle de cinéma s’endormir.

      • bjone
        bjone répond à Ed.Redon
        dev 3D
        • Posté à 01h18 le 17/05/2011
        • Internaute 62791
          dev 3D

        Brad Pitt est pas mal en père de famille un peu dur à certains moments, Sean Penn dit 3 phrases, dont 2 en voix off.
        Après il y a les attitudes devant la caméra.
        Jessica Chastain joue plutôt bien.

        C’est plus les gamins qui sont intéressants je dirais. (Le résultat est très très bon à ce niveau)

      • Amélie59
        Amélie59 répond à Ed.Redon
        L'eau qu'a Terre
        • Posté à 10h05 le 17/05/2011
        • Internaute 108837
          L'eau qu'a Terre

        Le jeu des acteurs est parfait, aussi bien les adultes que les enfants, il y a peu de dialogues ; c’est compensé par du langage corporel subtil et très crédible et par le jeu de la caméra.

        De ce point de vue le film est une réussite, la caméra tourne sur elle même, les plans ne sont jamais figés, à plusieurs reprises l’impression d’être dans un tourbillon.

        Je mets le bémol entre autres dans le scénario, dans le passage à la microcosmos doublé de jurassikpark. Mais finalement pour moi ca a pris le pas sur tout le reste. Mais au moins j’en garde un souvenir impérissable, et p-e qu’avec le temps je me dirai que c’aurait été dommage que je rate ca.

    • bibimbap
      bibimbap répond à Amélie59
      en travaux
      • Posté à 01h30 le 17/05/2011
      • Internaute 86441
        en travaux

      « C’est abusé comme c’était nul ».

      En entendant un propos aussi sophistiqué et finement perspicace, et qui porte l’art de la critique à un tel degré d’incandescence, on ne peut faire qu’une confiance aveugle au goût et à l’intelligence de celui qui l’a proféré.
      Vous nous avez fourni une raison définitive de ne pas aller voir le film de Malick.

      • bjone
        bjone répond à bibimbap
        dev 3D
        • Posté à 01h49 le 17/05/2011
        • Internaute 62791
          dev 3D

        Elle a un avantage sur toi : le film, elle l’a vu.
        (même si je trouve le résumé un peu dur)

      • Amélie59
        Amélie59 répond à bibimbap
        L'eau qu'a Terre
        • Posté à 10h09 le 17/05/2011
        • Internaute 108837
          L'eau qu'a Terre

        Vous vous érigez en justicier de la critique, c’est très noble de votre part.
        Mon post m’a servi d’exutoire, je sortais à peine de la séance et honnêtement je ne conseillerai à personne de se faire cette douleur en allant voir ce film.

        Et voyez vous, à la sortie, les spectateurs se servent en général peu de votre style ampoulé pour critiquer la prestation. Enfin, vous êtes à part sans doute.

        « au goût et à l’intelligence de celui qui l’a proféré. »
        C’est inutile de rabaisser les gens. Le fait que votre propos soit sophistiqué (peu perspicace, et sans aucun rapport ac un quelconque degré d’incandescence cela dit) ne vous amende pas.

        Enfin, bonne journée, et bon film ce soir !

    • nanabel
      nanabel répond à Amélie59
      1ère version
      • Posté à 08h31 le 17/05/2011
      • Internaute 97292
        1ère version

      Il y a des films commerciaux, vite fait, efficaces, de très bonnes qualités, pour tout public ; Et puis il y a les autres, les films d’artisans, du sur mesure, du cinéma d’art, des oeuvres qui prennent leur temps.

      Le spectateur qui va voir un Brad Pitt ou un Sean Penn, sans savoir qu’il s’agit d’un Malick, ce spectateur là, s’est trompé de film, tant pis pour lui.

      Dans un film d’art, ce n’est pas l’acteur qui est important, mais l’ensemble de l’oeuvre. C’est comme si vous regardiez un tableau de 3 mètres sur 4 et que vous jugiez l’oeuvre uniquement sur les 10 cm² en bas à gauche, sans tenir compte de la signature.

      Je n’ai pas encore vu le film, mais j’irai certainement avec beaucoup de curiosité. Après j’en ressortirai peut-être déçue, mais je n’aurai de toute façon pas perdu mon temps.

      • Amélie59
        Amélie59 répond à nanabel
        L'eau qu'a Terre
        • Posté à 09h45 le 17/05/2011
        • Internaute 108837
          L'eau qu'a Terre

        « Le spectateur qui va voir un Brad Pitt ou un Sean Penn, sans savoir qu’il s’agit d’un Malick, ce spectateur là, s’est trompé de film, tant pis pour lui. “

        Oui vous avez parfaitement raison. J’admets volontiers que c’était le cas pour bcp dans la salle. Cela dit, j’avais un souvenir exquis des Moissons du ciel, et j’ai finalement était très déçue.

         
        • nanabel
          nanabel répond à Amélie59
          1ère version
          • Posté à 10h38 le 17/05/2011
          • Internaute 97292
            1ère version

          Pour moi, Malick est un artiste cinéaste mais pas un génie du cinéma, aussi je ne m’attends pas à une oeuvre grandiose. Je lui laisse un droit à l’erreur.

          Je serai moins indulgente au sujet du grand génial Jeunet qui n’est plus qu’un cinéaste mondain, faussement intello. A croire qu’à partir d’un certain montant de revenus, les muses se détournent du poète.

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 23h50 le 16/05/2011
    • Internaute 82025
      non connue

    Alors voilà, c’est ici. Juste ici.

    On s’assoit deux minutes, et on savoure l’instant.

    Le seul article de la journée en dehors du chenil. Je vais dormir un peu.

  • bjone
    bjone
    dev 3D
    • Posté à 01h00 le 17/05/2011
    • Internaute 62791
      dev 3D

    Je l’ai vu !

    Et ce n’est ce n’est pas un flim sur le cyclimse non non !

    Alors le symbolisme de la douleur de la perte d’un être aimé, puis la chasse de sa mémoire et enfin l’acception de son départ, je veux bien.

    L’enchevêtrement de la mémoire du passé avec les diverses relations au sein de la famille et de la tension initiale du père avec ses mômes est sympa.

    Peut-être que ça restitue super bien le chaos émotionnel que l’on ressent lorsque l’on perd un être cher.

    Mais là y’a quand même des passages façon 2001 qui ressemblent aux trips de Bender qui prends du Jack, en boucle pendant 20 minutes.

    Au deuxième trip sous acides, j’ai brûlé des neurones, et je me suis mis à me crisper sur ma chaise de ciné en me répétant « ils peuvent changer mon corps mais pas mon esprit ».

    Et y’a quand même un plan, quand ils sont tous sur la plage où on se demande, si le réal a pas fait aux acteurs façon oncle Zoid :
    « bon alors vous vous baladez n’importe comment de droite à gauche le long de la plage, je veux montrer les âmes qui errent ou un truc du genre ».

    Nan, sérieusement c’est une expérience à faire une fois dans sa vie : C’est mon record perso de combos « WTF ? ? » / « Okaayyyy ».

    Surtout au bout du deuxième passage avec les chutes d’eau, on a l’impression que le monteur voulait imager l’idée qu’il avait une grosse envie de pisser.

    Sinon Brad Pitt fait vachement bien la méduse.

    ALL HAIL THE HYPNOTOAD !

    –-

    Un peu plus sérieusement : y’a des bonnes idées (les moments partagés entre gamins, les émotions assez naturelles et vraies), mais des erreurs de timings sur les symbolismes qui virent vraiment au lourdingue douloureux tueur d’immersion.
    N’est pas Kubrick qui veut...

    –-

    Sinon Minuit à Paris, malgré Carla Bruni qui joue correctement sans plus, est plutôt très très sympa.

    En fait ces deux films sont l’inverse de leur bande-annonce :
    - The tree of life semble énergique et intense, une partie l’est, l’autre est chiante et bouffe la première.
    - Minuit à Paris semble être du méga cliché carte-postale, il l’est en partie, mais pas seulement....

  • Phil-Aime
    • Posté à 01h36 le 17/05/2011
    • Internaute 49490

    Cher Monsieur
    je sors à l’instant de la projection exceptionnelle qui avait lieu au Max Linder sur les grands boulevards à Paris
    Votre enthousiasme me laisse perplexe et je trouve qu’à force de galvauder les termes de « génie » ou « chef d’oeuvre », les journalistes contribuent à la perte du sens des mots.
    Terence Mallick ou comment créer un mythe, Mallick ou la légende qui fait que l’on accepte et cautionne tout et même, ici, n’importe quoi.
    Alors c’est précisément « l’agitation médiatique que les journalistes devraient fuir comme d’autres la peste et le choléra » afin de garder la tête froide et ne pas tomber dans l’hystérie collective injustifiée qui élève Terrence mallick au rang de génie quoiqu’il fasse alors que selon moi Tree of life est un film en permanence desservi par une mise en scène et des choix confus, un film au propos tellement asséné qu’il en devient assourdissant.
    Certes, le film est « sauvé » par l’histoire simple et si totale, profonde et pourtant évidente et commune, universelle et en même temps très marquée de Jack, sa famille, sa fratrie, la filiation, la relation au père, à la mère, aux parents, la vie, l’enfance leurs drames et combats, bref, tout était là. Selon moi.
    Noyer ce noyau, pulvériser l’atome dans un gloubiboulga digne des couvertures de science et avenir, aussi profond que Yann Arthus Bertrand, esthétisant comme les publicités pour Manpower ou Groupama (ridicule scène finale sur la plage) et si enfantin qu’il insulte continuellement notre intelligence, est un massacre regrettable car le film n’est pas vide, je l’ai dit.
    Mais la noyade est épuisante pour le spectateur qui se débat, et cela est tellement, tellement dommage
    Dès les premières images, on se dit qu’il est grand le risque de se ridiculiser en commençant, pour nous parler des origines de l’humanité, par faire de l’œil au chef d’oeuvre de Stanley Kubrick. Mais c’est, hélas,ce que fait TM
    Contrairement à vous je trouve la première demie heure consternante de facilité. Une demie heure d’ avalanche d’images assommantes, esthétisantes et techniquement irréprochables sans doute mais le propos, empreint de mystycisme et de religiosité bon marché est indigeste. Après s’être agrippé à son fauteuil pour ne pas fuir devant tant de poncifs et face au déluge de propos abscons, on se hisse difficilement vers le cinéma, reconnaissons le.
    cela fait, des personnages parlant à Dieu, un questionnement sur l’origine du monde et de l’humanité, les grandes interrogations métaphysiques, le mysticisme absolu et le panthéisme qui nous saisit face à Dame nature, Kubrick, Kurosawa, Bergman , Tarkovski et Terrence Mallick lui même l’ont fait admirablement en nous délivrant des « films sommes », comme vous dites, en leur temps.
    Mallick a déjà touché au sublime il est vrai, en alliant « poésie pure » , « questionnement métaphysique », « contemplation » et « silence ». alors nous l’attendions impatiemment, et en nous délectant d’avance même si il dérapait déjà dans des niaiseries new age avec un Colin Farrel qui s’émerveillait devant « le nouveau monde ». Mais il se rattrapait aux branches dans la jungle, si je puis dire.

    Ici, il se vautre, s’écrase totalement et avec ridicule dans un discours grossier et qu’il nous assène au point de nous en dégouter.
    La question qui me venait en marchant sur le boulevard après la projection était : » que nous dit d’elle même une société qui se laisse aller à ce point dans de telles mièvreries et galvaude aussi grossièrement avec mysticisme et religiosité de supermarché, des concepts absolument fondamentaux ?
    Une société qui encense à ce point, et ô combien, la facilité ?

    Pour la première et la troisième partie c’est un film profondément américain dans sa candeur, son manque de profondeur dans le propos et cette volonté continue de rédemption en filigrane, sa tendance à s’absoudre en permanence pour ses fautes ? Le cœur du film lui est un moment de cinéma avec certains passages bouleversants mais ils ne sauvent pas l’ensemble, hélas, car quelques passages dilués dans une mayonnaise indigeste ne font pas un film et la mayonnaise est presque révoltante, si l’on songe à la société qui la produit.

  • touch
    touch
    Police
    • Posté à 01h11 le 17/05/2011
    • Internaute 154973
      Police

    Un des pires film que j’ai vus au cinema.
    J’ai dû batailler pour rester
    .

  • bla_bla
    bla_bla
    étudiante
    • Posté à 07h23 le 17/05/2011
    • Internaute 133305
      étudiante

    j’ai vu the tree of life hier, ce film est rempli de symboles je pense que je n’ai pas tout compris mais l’esthétisme prend largement le dessus, les acteurs et la nature sont très largement mis en valeur. La salle pleine au début s’est vidée avant la fin, certains soufflaient fort (il n y a rien de plus agaçant !) et d’autres ont explosé de rire à la fin du film ( peut être nerveux) : bilan mitigé donc. mais tout le monde disait à la sortie qu’il n’avait jamais vu un film comme ça !

  • ravenblast
    ravenblast
    étudiant
    • Posté à 09h25 le 17/05/2011
    • Internaute 142995
      étudiant

    The Tree of life, je l’ai vu hier soir en avant-première.
    Bonne impression dans l’ensemble. J’étais déjà archi-fan du Nouveau monde. J’avais vu Les moissons du ciel et avais trouvé ça bien.

    Je n’y croyais pas trop à lire les critiques, mais la comparaison avec 2001 tient la route. Oui, les errements métaphysiques rappellent un peu l’oeuvre de Kubrick.

    Mais le génie de Malick dans ce dernier film c’est cette façon de monter ses plans les uns avec les autres sans lien narratif visible. De fait on a l’impression de papillonner (d’ailleurs il y a un papillon dans le film...) de plan en plan. Comme si le plan ne s’imposait pas à nous, mais comme si c’était une « autre » force qui amenait le plan à nous.

    Plus encore, il a une façon de cadrer (les amateurs d’optique remarqueront l’utilisation des grands-angles, des distorsions etc...) très proche des ses acteurs, et de bouger à côté d’eux, de toujours recadrer, de changer les lignes, de ne rien figer.
    Du coup, les images oniriques de planètes (quelqu’un a remarqué qu’il y a des images de home de Y.A.B ?) et de micro-organismes sont traitées de manière égale avec les personnages, en évolution, sur un point d’indécision constant.

    C’est une oeuvre très fine. Éminemment visuelle. Elle peut paraître repoussante. Sans doute faut-il accepter de céder un peu les repères spatio-temporels traditionnels. Sans doute faut-il aussi adhérer à l’esthétique personnelle de Malick. Mais, c’est la vision d’un mec qui a une idée, une obsession, et qui la traite avec son art. Oserais-je dire...un auteur ?

    • bjone
      bjone répond à ravenblast
      dev 3D
      • Posté à 12h48 le 17/05/2011
      • Internaute 62791
        dev 3D

      Oui les plans au grand angle sont très très sympa.

      Mais le problème des plans métaphysiques, c’est qu’ils sont bien trop longs.

      Et en plus ils se répètent. La deuxième salve à la fin avec les mêmes images donnent envie de mourir.

      En fait, la direction d’acteur (qui était plutôt libre), la thématique, était globalement bonne, mais il s’est vautré sur les plans métaphysiques.

      Il n’aurait pas fait de répétition, entremêlée les trips métaphysiques avec la mémoire de l’enfance, ça aurait pu être très très bon.

      Mais bon il fait ce qu’il veut, après on aime ou on aime pas.

  • A déménagé l année derniere
    • Posté à 11h11 le 17/05/2011
    • Internaute 153323
      Ghroniqueur

    The Tree of Life, œuvre Kabbalistique ?

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 18h27 le 17/05/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    J’ai vu « La ligne rouge », mais je suis pas foutu de me rappeler ne serait-ce que trente secondes du film...
    Et vu la façon dont est présenté le nouveau film, ça donne carrément pas envie de le voir.
    Enfin Pitt et Penn sont deux bons arguments de vente.

    Par contre, HazardVicieux avec Dujardin qui tente un truc chelou, ça peut être cool.
    Car ces mecs ont réussi un truc dingue avec OSS à Rio, il m’a fait rire un peu et sourire régulièrement. Alors que les comédies sont rarement drôles, tellement navrantes qu’elles ne donnent même pas envie de sourire.

    Mais je dois surement avoir un problème : je mate Astérix (le 1er) et je rigole pas une seule fois, je suis à peine amusé, alors que j’ai eu une enfance bercé par cet univers.
    Juste derrière je mate « Le bruit des glaçons », et par contre là je ris, ou plutôt ricane, tout du long... sauf que c’est même pas dans la catégorie comédie...

    Et le troisième film a l’air tellement génial que je ne me rappelle même plus ce que c’est au bout de cinq minutes : D

  • Badlands
    Badlands
    Étudiant
    • Posté à 22h28 le 17/05/2011
    • Internaute 121920
      Étudiant

    Ce film n’est pas pour tout le monde, et les commentaires le montrent. Mais Malick s’en fout : il fait ses films pour l’avenir et a toujours fait un gros doigt d’honneur à Hollywood.

    Beaucoup s’attendaient à un film de facture classique, ils se retrouvent avec un mélange de 2001, l’Odyssée de l’espace et de Le Miroir. Je comprends que ça peut déstabiliser... Même moi qui s’y prépare depuis longtemps, je l’ai été hier.

    Déstabilisé mais ébloui contrairement à d’autres. Pour moi l’un des plus beaux films jamais faits, tout simplement. Et l’un des plus radicaux aussi : très peu de dialogues, aucune trame narrative (ça a du faire bobo à la têtête à certains), « juste » une mosaïque d’images sublimes, de souvenirs (autobiographiques) fragmentés, de réflexions simples sur la vie, la mort, la foi. Certains plans relèvent du génie, qu’est de toute manière Malick.
    Si c’est son 2001, ce n’est pas seulement pour les folles images cosmiques, ce sera également pour son accueil critique, vous verrez.

    Les commentaires sur le « New Age » du film sont à mourir de rire sinon. Merci pour la bonne tranche de rigolade ! Étant athée, j’ai trouvé la spiritualité, le mysticisme du film profond et touchant - à la manière des Tarkovski, à qui le Maître texan ressemble décidément de plus en plus.

    Comme mon pseudo ne l’indique pas, oui je suis fan de lui ;)

  • Prosperosbooks
    Prosperosbooks
    cinéphile
    • Posté à 23h01 le 18/05/2011
    • Internaute 156056
      cinéphile

    Le 2011, odyssée de Malick
    J’ai vu le film hier,

    à noter principalement (ce qui suit n’a rien de méprisant) :

    même si le film est d’une beauté visuelle époustouflante, si vous n’avez rien de contemplatif, si vous voulez qu’on vous raconte une histoire avec des rapports de cause à effet entre les plans (il ne raconte pas une histoire mais projette des concepts dans le monde réel), si vous n’avez aucun intérêt pour une mise à distance du récit ou des idées (désincarnées) passez votre chemin.

    A part cela le film est d’une rigueur esthétique impressionnante. Le postulat de départ est la dualité entre deux approches, nature/grâce, masculin/féminin, … il rappelle que nous ne sommes finalement que le résultat de cette dualité, de ce rapport de force, malgré nous. La deuxième partie du film, sur la famille, expose d’abord le point de vue sur le père et après un autre sur la mère.
    Avare en verbiage, il mise beaucoup sur une approche sensoriel, ou pour utilisé un gros mot : phénoménologique, c’est un réal qui fait passer l’essentiel de son message par l’image. La comparaison avec Kubrick et son 2001… est évidente (le jeu sur le temps, distance émotionnelle…), même s’il n’est pas aussi doué sur la bande musicale (l’ambiance sonore est par contre remarquable). La comparaison avec Tarkovsky est réelle, sur le plan spirituel et la rigueur technique notamment, mais (heureusement) en moins bavard.

    Malgré un regard sur le microcosme d’une famille assez pointu (WASP, année 50…), le film garde par sa manière d’appréhender les évènements une dimension universelle.
    L’énorme problème, à mon sens, est la répétition. j’ai l’impression qu’il a voulu faire un film intello grand public. Sauf que du coup, il souligne un peu trop certaines choses à mon goût (surtout au niveau musical : dolorosa, requiem…).

    De la poèsie.
    Le film est traversé de vrais moments de grâce. A la fois par la magie de la captation de moments sincères de joie en commun (jeux des enfants, le réveil des enfants par la mère, la relation à la nature…), mais aussi par l’utilisation de métaphores visuelles (la petite chambre sous l’eau, la porte qui s’ouvre par le haut-en vision subjective- pour symboliser la naissance).

    Pour ceux qui voudront, malgré tout, découvrir le film, j’espère que ces clés supplémentaires vous aideront.

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